19.04.2012

170 - La destruction de la Libye sur fond de mensonges

Commentaire envoyé au Point.fr, le Me 18 Av 2012, à 23 heures 20.

 

fpetitdemange le 18/04/2012 à 23:25

 

La destruction de la Libye sur fond de mensonges

     L’Union Africaine, au temps de Laurent Gbagbo et de Mouammar Kadhafi, était parvenue à s’organiser et à initier un niveau de développement jamais atteint pour le continent africain. Des projets avaient été réalisés, d’autres étaient en cours, d’autres encore auraient pu naître… pour une vie meilleure des populations africaines.
      En 2010-2011, la Côte d’Ivoire et la Libye ont été brisées. En 2012, la guerre en Libye, ses mort(e)s, ses blessé(e)s, ses disparu(e)s, les crimes de guerre qui se poursuivent sous l’égide d’un CNT bricolé par Polichinelle, tout cela est devenu… tabou. Or c’est tout le continent africain qui est en train de pâtir de ces guerres coloniales françaises, britanniques, états-uniennes, menées par l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord appelée Otan, avec l’appui idéologique massif de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. La communauté internationale, qui se réduit à quelques pays, France, Grande-Bretagne, États-Unis, Israël, et à deux émirs du Golfe, s’est ingérée, en 2011, dans les affaires de la Libye jusqu’à se substituer à la population libyenne dans les décisions de politique intérieure ! Elle tente de récidiver en Syrie ; elle voudrait faire de même en Iran, et, peut-être, en Russie et en Chine ?
      Tandis que, pendant des années, les chefs d’État occidentaux et pro-occidentaux n’ont cessé de coller l’étiquette « terroristes » à tous les musulman(e)s, sous le prétexte qu’il y avait des membres de l’AQMI particulièrement turbulents et criminels, voici que maintenant ces chefs d’État s’allient ouvertement aux « terroristes » et, même, les arment tout en disant qu’ils les combattent ! La vérité, n’est-elle pas qu’ils combattent les membres de l’AQMI là où ceux-ci gênent les affaires et qu’ils aident les membres de l’AQMI lorsque ceux-ci acceptent de faire tomber les régimes qui n’adhèrent pas au capitalisme et à l’impérialisme 
?

      Le président de la république française, n’a-t-il pas reçu Bachar el-Assad à Paris (à quatre reprises) : le 12 juillet 2008, le 3 septembre 2008, le 13 novembre 2009, le 9 décembre 2010 ? N’a-t-il pas reçu Mouammar Kadhafi, en décembre 2007 ? Hosni Moubarak, en juillet 2008, en décembre 2009, en juillet 2010 ? Zine el-Abidine Ben Ali, en juillet 2008 ? Le 14 juillet 2008, par exemple, le président égyptien Moubarak et le président syrien Bachar el-Assad assistaient, depuis la tribune présidentielle, au défilé militaire sur les Champs-Élysées. Ces amis de 2007 et 2008, qu’ont-ils donc refusé à Nicolas Sarkozy pour se trouver tout à coup au rang des “personæ non gratæ” et pour recevoir tout à coup l’étiquette de « dictateurs » ?
      Une poignée de dictateurs occidentaux ont manipulé « l’opinion publique » et n’ont pas hésité à protéger des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, de nuit comme de jour… en les tuant dans leur travail ou dans leurs jeux, jusque dans leur sommeil, sous les bombes humanitaires !

16.11.2011

140 - Après la mission "Protecteur unifié" en Libye, une autre en Syrie ?

Commentaire envoyé au Point.fr, le Lu 14 Nov 2011, vers 21 heures 50 ; non paru. D'où son titre en violet.

 

Après la mission « Protecteur unifié » en Libye, une autre en Syrie ?

 

     Les dégâts humains et matériels en Libye sont tellement considérables que le président de la république et ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères n’en disent pas le moindre mot à la population française. Il faut dire que les effets de sept mois de bombardements sur la Libye et sur la population civile libyenne, qu’ils se vantaient de vouloir protéger contre le « sanguinaire » Mouammar Kadhafi, traduisent la sauvagerie de cette guerre qu’ils ont décidée, ordonnée, et faite de leurs bureaux avec la complicité de l’émir du Qatar, bien à l’abri lui aussi…

     L’envoi de missiles avec des ogives à l’uranium appauvri, l’utilisation du phosphore blanc contre les civil(e)s, hommes, femmes, enfants, ordonné(e) par Rasmussen, Bouchard et Cie, l'assassinat politique et crapuleux perpétré sur le Guide révolutionnaire libyen, programmé par les dirigeants français, britannique, états-unien, obligent à l’honnêteté de dire que celui qui a défendu sa population, contre des groupes d’islamistes manœuvrés par l’Occident, n’est pas un criminel, mais que, par contre, ceux qui ont donné les ordres d'attaquer militairement un pays souverain, de renverser une démocratie directe, de massacrer une population civile et de liquider l’homme qui les gênait, sont des antidémocrates, des criminels de guerre et des criminels qui agissent contre l’humanité.

     Alors quand Mr Juppé appelle de nouveau l’ONU à la rescousse afin de « “protéger davantage” les populations civiles en Syrie face à “l’entêtement sanguinaire du régime de Damas” », les événements qui ont eu lieu en Libye amènent chacun(e) de nous à trembler pour la population civile syrienne placée sous pareille protection… Car, comme la majeure partie de la population libyenne, la majeure partie de la population syrienne soutient le dirigeant Bachar Al-Assad. Si la guerre contre la Libye et les hostilités contre la Syrie ont éclaté en mars, elles ont été préparées bien avant 2011. Qui plus est, la Ligue arabe apporte, lors de ces deux événements, un soutien indéfectible à l’Occident impérialiste contre les populations civiles arabes.

     Il serait intéressant de connaître la différence que fait Mme la baronne Ashton entre la situation en Libye et celle en Syrie… La différence est peut-être dans le fait que Bachar Al-Assad est président d’une république populaire et socialiste et que Mouammar Kadhafi était le symbole d’une démocratie directe, populaire et socialiste, ou dans le fait que la Syrie a moins d’hydrocarbures mais plus d’armes que la Libye… Quant à la république française, elle ressemble davantage à une monarchie qu’à une démocratie : son président n’a-t-il pas encore des pouvoirs régaliens ? Les soi-disant démocrates occidentaux, que gênait le régime libyen, ont tendance à fréquenter beaucoup de rois et d’émirs… Le roi Abdallah de Jordanie, qui exhorte Bachar Al-Assad à démissionner, ne s’est-il pas accroché à son trône durant les échauffourées de ces derniers mois dans son pays ?